Sur un même site, plusieurs stages peuvent cohabiter. Quel que soit l'âge du jeune, quel que soit le stage. Parfois, le plus petit aura 11 ans, le plus grand 18 ans. Parfois, l'un fera un stage moto, l'autre le raid aventure ou balade équestre. Si les lieux de vie sont identiques pour tous, ainsi que les moments de vie (repas, réveil, soirée), il n'en reste pas moins que les rythmes et activités seront adaptés en fonction des âges et besoins. Si un petit de 11 ans est au lit à 22h30, les grands le seront vers minuit. Nos locaux sont aménagés en fonction de ces différences mais nous tenons à cette amplitude d'âge, les petits apportant beaucoup aux grands, les grands aidant toujours les petits (personne ne subira le rythme de l'autre).
La variété des stages permet aussi aux frères et soeurs de partir ensemble et au même moment, assurant la continuité familiale tout en respectant les différentes attentes des enfants.
Ainsi, lors des moments importants comme le repas, les échanges sont riches d'histoires et de comparaisons. Faites aussi un tour sur la page de la vie quotidienne.
Les activités :
Support du stage, elle sont rarement mises en question. Certaines craintes peuvent se révéler chez les jeunes mais, en général, elles sont vaincues facilement. Entre les activités, nous proposons des ateliers, des sorties, des jeux. Libres aux jeunes d'en profiter. Nous proposons, ils disposent. En revanche, toute activité commencée est terminée. Si un jeune vit un projet d'activités, il est normal qu'il le mène à terme.
Si un jeune ne participe à aucun projet, nous saurons l'amenener à exprimer ses attentes, respectant ses choix même s'il n'est de ne rien faire.
Les activités sportives spécifiques (moto, spéléo, escalade, équitation, etc.) sont encadrées par des professionnels titulaires d'un brevet d'état. Ainsi, les jeunes sont encadrés par leurs animateurs quotidiens et par un professionnel pour toute activité.
Malgré tout, notez quand même, chers parents, que votre fils ou fille sera surement amené à ne rien faire, ne rien produire, jouer tout simplement. Nous sommes en vacances et n'avons aucun objectif de résultat. Il est à mes yeux très important, qu'il puisse traîner en pyjama sur le canapé à lire, à regarder les autres jouer aux cartes.
L'encadrement :
Certaines sessions sont déclarées à Jeunesse et Sport (notamment en juillet, voire en août). Le directeur (moi-même) et les animateurs sont soit en validation soit titulaires du BAFD et BAFA.
Les animateurs ont en général deux ou trois ans d'ancienneté (enfin, j'essaie !) sur les différents stages. Certains d'entre eux sont aussi d'anciens participants. Ils connaissent alors très bien les stages, les lieux de résidence ainsi que nos modes de fonctionnement.
Il nous semble important de travailler ensemble le plus longtemps possible.
Nous souhaitons offrir le maximum de pérennité dans nos stages tant au niveau de l'hébergement, de la nourriture, des activités et surtout du personnel d'encadrement. Autant les histoires et les aventures quotidiennes peuvent changer, autant les cadres, références restent stables et identiques dans la mesure de nos possibilités.
Tous nos stages sont des histoires à vivre. De là naissent des relations, des amitiés, des souvenirs qui n'appartiennent qu'aux jeunes. D'une année sur l'autre, les choses changeront car nous aurons tous grandi d'un an. Mais, ces souvenirs, ils les ont partagés entre eux et les autres ne peuvent pas comprendre.
Ces sentiments sont très importants pour nous et nous nous attachons à la valeur de ces ressentis.
Histoires à vivre :
En juillet, vous êtes à 14 par session à la Maison Bleue. Le plus jeune a 11 ans et le plus âgé 18 ans, garçons et filles, tous séjours confondus, entre moto enduro, raid aventures ou balade équestre,
En Février, il y a 8 jeunes, de 11 à 18 ans.
A Pâques, vous êtes 10 jeunes, à la Maison Bleue, tous stages confondus.
Quant à la Toussaint, c'est très aléatoire. Il suffit qu'une poignée de jeunes soit décidée et nous partons à 8 maximum pour une croisière sur la Saône ou pour rester à la Maison Bleue pour faire de la moto, ou une dalle en béton pour la piscine, ou se pedre en garrigue lors du séjour Opération COBRA.
et un exemple de projet pédagogique :
Chers parents : ne négligez pas le document ci-dessous. Prenez le temps de le lire, voire de l'imprimer. Il doit être connu de votre adolescent(e) AVANT son séjour.
Les objectifs suivants devraient aussi être dans le projet éducatif, mais bon !
· Hygiène alimentaire, équilibre, chronologie, quantité et qualité des produits,
· Hygiène corporelle, des mains, du linge, des pieds, et de tout l’équipement,
· Hygiène de vie, rythme (lever coucher), temps de sommeil, d’activité, qualité de vie,
· Attitude responsable de l’encadrement,
· La gestion de l’autonomie, de la tolérance, de l’entraide à travers les activités.
Il me semble aussi important de rappeler les devises de notre asso :
· convivial,
· sympathique,
· chaleureux,
· authentique,
· harmonieux.
MON objectif est de mettre en place les moyens et de proposer des situations de vie afin de répondre à ces attentes, de savourer une qualité de vie en vacances.
Modes de vie
La maison. Elle est belle, lumineuse, un peu isolée des autres maisons et est notre refuge. Qu’on en prenne grand soin ! Rien ne doit être détérioré, abîmé, même par accident.
Le respect des autres. Il se situe à tous les niveaux de la vie quotidienne, de l’activité, du langage, du comportement.
Le sentiment d’appartenance. Ça se mérite. Appartenir à un groupe est d’abord un travail de soi vis à vis des autres, et aussi, un travail des autres pour soi. A débattre !
L’implication personnelle, la prise d’initiative. Elle se situe aussi à tous les niveaux, sans pour autant atteindre sa propre liberté. Proposer un coup de main, allumer le barbecue, mettre la table, ranger ses affaires, organiser un tournoi de ping-pong, une partie de pétanque et inviter les voisins qui en meurent d’envie.
Les horaires. Impératif pour le départ aux activités sur l’horaire préalablement annoncé. Idem lorsqu’on passe à table ou que nous allons au lit.
L’utilisation des mobiles. Ils ne sont pas indispensables pour les activités, faute de réseau et complètement inutiles à la maison, pour la même raison. Il n'en reste pas moins que vous pouvez les amener, à vos risques et périls, et ils peuvent être très utiles.
Rythmes de vie
Il ne sera pas facile à gérer en raison de la chaleur, des activités et d’un public adolescent. En clair, on vit bien le matin très tôt et ce, jusqu’à midi. Puis on marque une pause entre midi et 16h, qui peut s’élaborer en faisant une véritable sieste et la vie commence vraiment à 17h pour finir dans le meilleur des cas, et avec un coup de pied aux fesses à minuit. OK, ce sont les vacances, mais au-delà, cela deviendrait vite un gâchis. Alors il va falloir se battre pour avoir un rythme équilibré, « productif », et des temps de vie communs entre nous. Si c’est pour se croiser, je n'en vois pas l’intérêt. Comment être disponible et éprouver du plaisir lors d’une activité quand on est fatigué !
Le lever. Il est géré par Laurent. Préparation et mise en place. Lever des garçons entre 8h et 11h. Petit déjeuner tranquille, on débarrasse son bol et ses couverts DANS le lave vaisselle s’il est vide. Les dents, la crème sur le visage, on s’habille et on est prêt pour l’activité. Les filles vivent leurs vies avec les chevaux.
L’activité. Chacun a son programme. A lui de s’informer des évolutions des horaires et de contrôler les prochains rendez-vous.
Le ou les repas. Vous mettez la table, vous la débarrassez, vous videz ou remplissez le lave vaisselle, vous secouez la nappe et la remettez en place. Tout repas, commencé en groupe, sera terminé de la même manière, au rythme du plus lent. Toute issue impromptue sera châtiée et considérée comme une atteinte à la liberté des autres, un manque de respect pour autrui, en clair, que vous vous moquez des autres.
Les temps de détente, seul ou en petit groupe, à la maison, il vous sera toujours demandé d’avoir une attitude irréprochable, tant par votre tenue, que votre comportement et langage. Les séances de bataille corse, de crapette, de détente sur le canapé sont toujours de mise, mais les nouveautés sont les bienvenues. Y avez-vous réfléchi ?
L’après-dîner, se gère à l’impulse. Jeux de cartes, échanges, rapport quotidien des temps d’activités, de fonctionnement, baladeur dans les oreilles (pas très complice pour les autres !)
Le coucher, pyjama et épaules protégées, entre 23h et 1 h pour les plus grands, heure légale et non négociable pour tous. On lave les dents, on se met en pyjama, on fait une bise et on éteint la lumière.
Gestion du quotidien
La restauration, qui fait quoi à quel moment ? Qui veut manger quoi ? On n’aime pas, comment on le gère ? Toute aide, participation, initiative relative à l’élaboration des repas sera de fait, sans aucun appel au citoyen, mais bon ! Qu’il se manifeste de lui-même pour être un acteur ! Je rappelle que ce moment privilégié en dehors du groupe est aussi important pour échanger, acquérir des techniques, parler des savoir-faire, comparer ses acquis.
Le rangement, accessibilité des lieux, tri du linge sale du propre, les serviettes de toilette humides roulées en boule sur le lit ou entassées pêle-mêle sur le radiateur, les caleçons qui tombent derrière l’armoire ou la commode.
La douche, outre les gestions sus-nommées. Rincer la douche n’est pas superflu ! Elle sera prise le matin ou le soir à votre convenance, mais deux fois par jour, pourquoi pas ? Attention à l’eau chaude, il en faut pour tout le monde.
Gestion de l’activité
Je le rappelle, l’activité est un support du séjour, un plaisir en soi pour l’adolescent, mais reste surtout un simple moyen de convivialité, d’entraide, de cohésion de groupe, d’assurance de l’individu. L'activité n'est pas une fin en soi.
Prise en compte de son niveau, pour mieux accepter les différences, les niveaux des copains, et savoir attendre les plus lents. De même, les plus lents doivent se concentrer sur leur technique afin de l’améliorer et offrir moins de temps d’attente aux autres. Est-ce raisonnable, réfléchi et est-ce que ces initiatives ne peuvent pas mettre en péril le séjour des autres. Jusqu’à quel moment peut-on accepter de monter, bouger, danser avec de bons ou mauvais participants ? Ou est le plaisir ? Se faire plaisir ou avoir le plaisir d’être entre copains ? Cette démarche est à débattre lors du séjour. Mais nous considérons répondre à ces deux attentes lors de deux moments différents.
La connaissance du milieu, des itinéraires, du domaine, de la fréquentation, de la difficulté des chemins, des protections et de la signalisation en place sur le domaine, la reconnaissance des maisons, des gens, et différents critères spécifiques.
Les risques encourus : se perdre, se faire mal, manquer une piste et sortir de la zone de validité du circuit, percuter un arbre, se faire percuter, rencontrer un rocher par manque de maîtrise de technique ou de vitesse, avoir froid, faim, être fatigué, avoir envie d’aller aux toilettes. Donc anticipation, réflexion, analyse de la situation, prise d’initiative, mesure des risques et dangers.
Le bonheur du plein air. Prendre un temps pour s’arrêter, contempler, observer, se marrer, se reposer, apprécier l’instant présent et le bonheur d’être là ! Tout le monde n’y a pas droit, aspect un peu mélo, mais tellement vrai !
L’adaptation aux autres, le respect des niveaux. Une fois encore, et à tous les moments de la journée, la tolérance d’autrui est importante. Ça fait vingt fois que je l’écris.
Gestion de l’hygiène
Qu’on soit clair, tout le monde en parle, personne ne le fait. Je ne veux pas jouer mon côté « vieux combattant », mais en 36, on a créé les colos pour des raisons d’hygiène : manger à sa faim, apprendre à se laver, assurer une qualité de sommeil réparateur, dans des conditions de sécurité physique et matérielle, etc. Ben, nous n’allons pas tarder à y revenir. Et en plus, faudra enseigner un respect d’autrui et un apprentissage de la tolérance. Tous les murs en sont tagués, y’en n’a pas un qui s’en préoccupe.
Allez les anims, c’est votre boulot ! On recommence, mais en souplesse, sinon, nous n’aurons plus un gamin dans nos centres.
Il faut prendre en compte plusieurs facteurs de santé très importants :
· Le soleil, ses effets, ses conséquences, le discours à tenir, la protection à mettre en place, protection impérative et régulière contre le soleil,
· Les douches, qualité du lavage, moment, gestion de l’après douche, séchage, dents.
· Hygiène des mains pour faire à manger, pour se mettre à table, avec du savon et une brosse à ongles,
· L’alimentation et la gestion du grignotage, le petit déjeuner conséquent, la gestion du 5ème repas à 1 heure du matin.
· La gestion de la baignade : après le repas, coup de chaud dû au soleil, en slip ou en caleçon, avec ou sans chaussures dans l’eau, etc.
· Hydratation permanente, ne pas partir en activité sans une bouteille d’eau, donner un rythme et une habitude à boire. Attention : une seule boisson, de l’eau. NE JAMAIS BOIRE DE L’EAU A 3°C. Pas de sodas.
Les projets d’animation
Outre les activités sportives, support du séjour qu’aura choisi l’adolescent, l’environnement de la Maison Bleue peut aussi le théâtre d’autres types de projets :
· La table de ping-pong. Un peu bancale à l’heure où je mets sous presse, à chacun de la réparer afin qu’elle soit l’outil de jeu de chacun au moment où il aura souhaité, sans altérer son programme.
· Le fil de fer, les boules, les massues, les costumes. Autant d’outils de cirque à disposition pour la même gestion des temps libres.
· Les VTT. Idem au niveau de la gestion du temps, mais ils peuvent être les outils d’une balade organisée à plusieurs, avec ou sans nous, d’ailleurs ! Attention : je ne répare pas les roues crevées !
· Les légos technics. Ne riez pas, j’en ai déjà vu plus d’un se moquer, mais malgré tout, finir le séjour avec SA boite et terminer ses projets, même à 17 ans !
· La Dent de Retz. Ascension traditionnelle chez Aventures… Ados. ¾ d’heure de grimpette pour admirer le panorama du Plateau des Gras qui s’étend jusqu’à Montpellier. On pique-nique ou on bivouaque au sommet et on redescend après.
· Le jeu de piste. Idem, c’est le meilleur moyen de découvrir les environs de la Maison afin de ne pas se perdre dans la garrigue, de rencontrer les gens du Plateau, de découvrir la distillerie de lavande, les lamas au pré, et pourquoi pas de donner un coup de main aux faucheurs de lavande.
· Les soirées. Ben y’en a pas. On ne passe pas à table avant 20h30 dans le meilleur des cas, on est enfin bien au calme car le vent est tombé, et on savoure un repas dans de bonnes conditions. Celui qui zappe au bout de 10 mn est désintégré sur place. Donc entre manger, plaisanter, débattre d’un sujet d’intérêt général (ça, j’aime beaucoup !), il faut du temps. Ceci étant, il nous arrivera de faire une nuit sous les étoiles, taper un foot ou déclamer une tirade du Cid ou de l’Ecole des Femmes ou de Victor Hugo, comme j’espère le vivre depuis des années. C’est marrant, en vacances, le collège n’existe vraiment plus. Quel dommage !
· Prendre un livre. Ce n’est pas du temps de perdu. A la maison, il y en a environ 600, du primaire au lycée, du technique à la philosophie, de la BD au roman. C'est mon plus grand plaisir que j’aime à partager quand j’ai le temps. Mais eux, ils l’ont !
· La pétanque. Ne rigolez pas, en 5/7, ça reste agréable. Théoriquement, d’ici le 1er juillet 2004, le tracto pelle sera enfin passé et aura étalé la gravette pour réaliser LE terrain de pétanque du Mas de Gras : 7 m x 12 m, il sera presque aux normes.
· Le volley. Là, il faudra encore cette année se contenter d’un terrain herbeux. Mais le filet et les poteaux sont neufs. Il vous suffira de les planter…